Lamarck et Darwin : deux visions divergentes du monde vivant

Ceci est une brève présentation d’un article qui vient d’être publié dans l’Encyclopédie de l’environnement, remarquablement illustré par mon collègue Jacques Joyard, Directeur de Recherche honoraire au CNRS, que je remercie vivement. J’en présente simplement le résumé, accompagné d’un bref commentaire.

Résumé

Les deux dernières décennies ont vu s’accumuler des données scientifiques sur les phénomènes dits épigénétiques, modifications de l’expression des gènes induites par l’environnement et transmises transitoirement à la descendance. Ceci a conduit des auteurs à faire le rapprochement avec le lamarckisme, certains vont même jusqu’à proposer l’élaboration d’une nouvelle théorie synthétique de l’évolution combinant les théories de Lamarck et de Darwin. Une comparaison des principes de base de ces deux théories montre que leurs visions du monde vivant sont trop divergentes pour être conciliables. Ceci n’enlève rien au fait que les recherches sur les phénomènes épigénétiques conduiront certainement à un enrichissement de la théorie darwinienne.

Commentaire

Comparer les théories de Lamarck et de Darwin présente bien sûr un intérêt en soi, puisque ces idées constituent des étapes historiques décisives dans la compréhension de l’origine de la vie et de l’évolution du monde vivant. Mais cette comparaison est aussi une voie pertinente pour aider à clarifier les idées sur ces grandes questions, dont tout indique qu’elles sont encore et toujours très mal comprises, y compris par ceux qui sont tout à fait convaincus du fait évolutif.

A lire ou écouter beaucoup de gens qui parlent de la nature, on pourrait croire à un remake de la théologie naturelle, croyance majeure du passé jusqu’au XVIIIe siècle. La nature est bonne et harmonieuse car créée par Dieu qui, étant parfait, ne peut faire que des choses parfaites. La référence à Dieu n’étant plus très ‘tendance’ de nos jours, ses qualités de perfection ont été transférée à la nature elle-même. On se retrouve ainsi dans une vision où la nature est sacralisée, quasiment déifiée et, dans la foulée, a pris un N majuscule. Cette croyance, plus ou moins consciente, est très perceptible notamment dans le courant environnementaliste. On entend là des idées qui manifestent un étonnant écart avec la réalité, de la part de gens dont l’observation de la nature est manifestement très superficielle, juste pour l’agrément du spectacle.
Ce texte, comme celui sur la théorie de l’évolution publié dans la même encyclopédie et sur ce blog, est censé s’adresser à un large public et devrait aider à mieux comprendre les lois qui régissent véritablement le monde vivant, telles qu’elles ressortent des connaissances actuelles.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *